Article 2

L'Appel au Chèque en Blanc

Le déracinement, seule voie vers la vraie liberté

 

L'Appel : le fil d’or du déracinement

L'Appel est le don inestimable que Dieu nous offre une fois que nous avons reconnu l'échec de notre auto-construction (comme exploré dans le premier article). C'est un fil d'or tissé à travers toute l'histoire de la foi, qui se manifeste par une invitation au départ (le déracinement) et une révélation au faible (le renversement des valeurs).

 

L’Invitation au départ : le grand déracinement

L’appel est l’invitation à quitter un espace de confort ou de certitude pour un chemin de confiance.

L’exemple le plus fort est celui d’Abraham, à qui Dieu donne un ordre radical : « Va-t’en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. » (Genèse 12, 1). Répondre à l’appel, c’est accepter de naviguer sans boussole, abandonnant notre planification pour la Providence. Avec Jésus, l’appel devient concret pour les disciples : « Venez à ma suite… Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. » (Matthieu 4, 19-20). L’accueil du don de Dieu est une affaire d’aussitôt.

 

Le renversement des valeurs : la force révélée dans la faiblesse

L'appel est la preuve que la foi est un don, non un mérite. Dieu choisit les faibles, les douteurs, ceux qui ne sont pas "assez bien" selon le monde. Moïse proteste de son manque d'éloquence ; Dieu répond : « Je serai avec toi. » De même, Gédéon, le plus petit de sa famille, est appelé à délivrer un peuple.

L'appel ne dépend jamais de nos compétences, mais de la puissance de Dieu agissant à travers elles. L'enfant Samuel confond trois fois la voix de Dieu.

Cette logique est toujours à l'œuvre aujourd'hui. Lorsqu'elle fut appelée par la Vierge Marie à faire une mission, la réponse de Johanne fut : « Pourquoi moi ? Pourquoi pas eux, qui étaient en prière ? Moi, je ne prie pas ! » La réponse est toujours la même que celle donnée aux prophètes : l'appel ne se base pas sur nos mérites passés ou notre niveau de perfection. Il se base sur la volonté de Dieu de se manifester à travers l'humilité.

La leçon pour nous : La voix de Dieu est un murmure facile à confondre avec nos propres pensées. Elle demande l'humilité et un cœur disponible, prêt à dire : « Parle, car ton serviteur écoute. »

 

L'appel aujourd'hui : le témoignage d'un déracinement libre

L'appel est une réalité bien actuelle, nous demandant de quitter une vie construite sur des bases fragiles pour nous ouvrir à la Providence. Johanne, témoin de notre époque, a vécu ce passage brutal du dépouillement à la Grâce.

« Le 11 décembre 1998, je me suis retrouvée devant un gâteau d'anniversaire que je ne pouvais partager avec personne. La coupe débordait. Dans mon cœur, j’ai lancé un cri vers Dieu et j'ai entendu une voix me demander : « Veux-tu me suivre ? » Ma réponse fut un grand OUI de confiance, sans savoir comment cela allait se faire, car devant moi, ce n'était qu'un trou noir, un tunnel sans issue.

Trois jours plus tard, j'ai répondu concrètement à cet appel. J'ai tout laissé derrière moi : l'ameublement, les biens, les effets personnels, ne conservant que ma voiture et ce que je portais. J'ai accepté le grand déracinement, allant de maison en maison, faisant face au jugement. J'ai compris que la Grâce enlevait le poids de la performance : je n'avais plus à construire ma vie ; je devais l'accueillir au jour le jour.

Quelques mois plus tard, la confirmation est venue : après une période de grand dépouillement, le Seigneur m'a posé la question ultime de l'abandon total, celle qu'il a faite à Pierre : « M'aimes-tu ? » C'était le choix entre un chèque d'aide sociale assuré ou un chèque en blanc confié à Sa Providence. J'ai dit OUI, et il m'a donné le souffle de la vraie liberté.

Aujourd'hui, cet appel se vit dans la Mission Mariale. Je suis celle qui a reçu le nom de « ma petite ânesse » par la Vierge Marie. Comme l'âne de l'Évangile, je suis celle que le Seigneur détache pour le conduire là où Il en a besoin. Mon histoire témoigne que, si l'appel vient de Dieu et que vous y répondez avec confiance, même face à la persécution, il s'accomplira. Il suffit de tout donner, et de laisser Dieu être votre Seul soutien. »

 

CONCLUSION

L'appel nous demande de sortir de nous-mêmes pour : Servir, Aimer et, simplement, Être enfant de Dieu. L'audace de la foi est d'oserdécrocher de notre auto-construction pour accueillir la main tendue.

Le "Oui" de l'appel est un acte d'abandon radical, un chèque en blanc signé sans connaître les montants futurs ou les épreuves à venir. Il exige de nous le déracinement total de tout ce qui nous sécurise, que ce soit les biens, la réputation, ou même nos pratiques spirituelles passées. C'est le prix de la vraie liberté : choisir Dieu comme Seul soutien.

Cependant, ce déracinement n'est pas une perte, mais l'acte de confiance qui ouvre les portes à la Grâce et à une joie insoupçonnée, celle de se savoir totalement soutenu et aimé.

 

Mais une fois ce "Oui" de déracinement et d'abandon donné,
comment ce Don inestimable se traduit-il concrètement dans l'action
et dans le monde, par la Mission ?

 


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