Article 3

De l'Appel à la Mission

Le chemin de l'Ânesse, porteuse de joie.

 

L'Appel se fait Mission : Du « Oui » de Foi au « Va de Charité ». L'Appel de Dieu est un don qui exige un déracinement radical et l'abandon de notre auto-construction pour embrasser la Providence. Cet Appel n'est cependant qu'un point de départ. Une fois le "Oui" de foi donnée, il doit immédiatement se transformer en un "Va" de charité. Le chemin de l'Ânesse est celui de la Mission, qui concrétise l'abandon dans l'action. C'est dans l'épisode de la Visitation que l'on trouve le modèle parfait de ce passage : la foi de Marie devient instantanément une mission.

 

Marie : Le Modèle de la Mission et de l'Empressement

Le Fiat de Marie se transforme en empressement : elle ne garde pas le don, mais se met en route vers sa cousine Élisabeth. Elle est le premier missionnaire. Cet élan montre que la foi ne peut rester stérile ; le don reçu doit être partagé. En portant le Verbe fait chair, Marie devient le Buisson Ardent qui porte le Feu de Dieu sans être consumée, et le premier Ostensoir qui transporte le Saint-Sacrement au monde. Le missionnaire, c'est celui qui porte une Présence.

La Mission se manifeste par le salut : Jean-Baptiste exulte dans le sein de sa mère. La Visitation est une Pentecôte de Joie, un signe que Jésus visite son peuple. Le fruit de cette mission est la joie, qui dépasse les circonstances extérieures. L'urgence de Marie est l'antidote à notre paralysie d'orgueil (Article 1) : elle agit non par sa propre force, mais par la puissance du Christ qu'elle porte.

 

Le Missionnaire est l'Ânesse : L’Instrument de l'Humilité

Le nom de mission d'Ânesse est l'ultime confirmation du renversement des valeurs. Il rappelle l'ordre évangélique : « Allez détacher l’âne, car le Seigneur en a besoin. »

L'Ânesse est l'instrument simple et discret, celle qui n'a aucune gloire propre dans l'histoire, mais qui se met humblement au service de Marie, la Première Missionnaire, pour transporter la Présence Divine. La mission se vit dans le désert (l'abandon, la souffrance, le jugement) où il n'y a pas de maison à construire, mais où la seule construction se fait sur le Roc du Christ. Le missionnaire doit être prêt à tout donner, y compris son confort et sa réputation, répondant sans réserve à la question : « M'aimes-tu ? » C'est le chemin de l'abaissement volontaire où, plus nous nous faisons petits, plus la Grâce divine peut agir sans obstacle.

 

L'Adoration, l'Intériorité et l'Élan : Les Grâces de l'Arche

La Mission ne se nourrit jamais d'activisme ou de planification humaine. Elle s'enracine dans une vie intérieure profonde.

L'Adoration est la source et le moteur de l'action. Le missionnaire doit observer et méditer tout en son cœur à l'exemple de Marie. L'Adoration est le "baptême de pénitence" qui purifie le cœur de tout désir de pouvoir, transformant notre nature pour que nous devenions de « l'eau qui purifie ». Sans cette intimité constante avec Dieu, l'empressement se transforme en burn-out et la mission dégénère en performance humaine – retombant dans le piège de l'auto-construction (Article 1).

Notre-Dame-de-la-Visitation est l'Arche de la Nouvelle Alliance, elle porte en elle les signes de cette Alliance :

  • La Présence Réelle (la Manne céleste),

  • La Loi de l'Amour (les Tables de la Loi)

  • Le Vin Nouveau (Jésus lui-même).

 

L'Ânesse, humble instrument, prend Marie comme exemple : elle est appelée à transporter la Vierge Marie et à être à son service. De même que l'Arche porte ces trésors, l'Ânesse, par sa mission, aide Marie à transporter la Présence divine et l'élan de la Nouvelle Alliance au monde. Notre-Dame désire nous transmettre ces Grâces essentielles : son Intériorité, son Adoration, sa Foi et son élan missionnaire.

 

CONCLUSION

L'appel est une proposition constante de Dieu, qui attend notre réponse libre. Tout notre cheminement spirituel est un passage du piège de l'auto-construction (Article 1) au déracinement confiant (Article 2), pour s'achever dans la Mission active. Il ne s'agit pas de changer notre nature pour être aimés, mais d'accepter d'être aimés pour que notre nature soit transformée.

Aujourd'hui, Marie nous visite pour nous préparer à notre propre mission. Elle nous apprend que la vraie mission ne se nourrit pas de notre force, mais de notre capacité à nous effacer pour laisser le Christ agir à travers nous. L'audace est d'oser décrocher de notre auto-construction pour dire notre FIAT de confiance, et d'accepter d'être l'instrument simple et humble, à l'exemple de Marie, l'Arche vivante.

Alors, osons être des veilleurs de toutes les heures, qui, comme l'Ânesse, simple instrument détaché, portent la devise de Jean-Baptiste : « Il faut qu'il croisse, et que je diminue. » C'est en nous effaçant que nous trouvons la vraie joie, celle de voir le Christ prendre toute la place.

 

« Que la Vierge Marie,
qui n’eut pas peur de répondre « oui » à la Parole du Seigneur...
soit toujours votre modèle et votre guide.
Apprenez... à être humbles et dans le même temps courageux. »

(Pape Benoît XVI) ■ 

 

Ânesse de Marie


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